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Compiègne
vendredi, 12 juillet, 2024

L’histoire de Bienville chapitre VI

A lire

Bernard BLAY
Bernard BLAY
Directeur de Publication

Le 9 décembre 1792, Joseph Butin fut élu maire de Bienville et Charles de Géroult-Daubly, procureur de la commune.
Le citoyen Demouy, curé et ancien maire de Bienville, était alors président du district de Compiègne. Il avait prêté le serment prescrit par la Constitution civile du clergé.


Le 13 octobre 1793, le procureur Géroult fut remplacé par Claude Leclerc.
Le curé Demouy redevint maire de Bienville en 1793. Il fit envoyer au district de Compiègne tous les cuivres provenant de l’église ; les calvaires furent démolis et le curé-maire en fit vendre les pierres.


Le 20 ventôse an II, le curé-maire Demouy fit prendre la délibération suivante par le Conseil général de la commune :
« Le maire dit qu’il croyait utile et avantageux à la commune que les citoyens qui la composent renonçassent par un acte authentique au culte de la religion catholique, qu’il croyait que cette renonciation serait une preuve du patriotisme de ses concitoyens, parce que tout patriote doit faire tout ce qui peut convenir au bien général de la République, tout ce qui conduit à l’union et à la concorde, qu’enfin tout républicain doit faire tout ce qui est en lui pour se débarrasser de tout ce qui tient à l’esclavage.
Le Conseil général, prenant en considération la proposition du président, déclare que les habitants des deux sexes seront appelés à se prononcer à ce sujet ».
Les habitants de Bienville ne suivirent pas le déplorable exemple de leur curé, car le 23 pluviôse an III, le représentant en mission Drulhe, ancien curé de Toulouse, député de la Haute-Garonne à la Convention, adressait à la municipalité de Bienville la lettre suivante, datée de Crépy-en-Valois :
« J’apprends à l’instant, citoyens, qu’il a existé dans votre commune des rassemblements fanatiques, je vous enjoins de prendre les mesures nécessaires pour les faire cesser, je vous charge de dénoncer, à l’avenir, au comité
de surveillance du district, tous les individus qui seront les promoteurs de ces assemblées, les présidents ou les prêtres de ces cérémonies et ceux qui sonneraient ou qui feraient sonner les cloches pour réunir les citoyens à cette
intention…

L’administration du district a mis provisoirement sous votre surveillance spéciale les citoyens Claude Bras et Moroy, qui ont joué le rôle principal dans le dernier rassemblement, je les mets plus particulièrement encore sous votre garde et je vous enjoins de surveiller toutes leurs actions ».
L’église, fermée au culte, servit à fabriquer du salpêtre.


Le 27 ventôse suivant, Demouy fut renommé maire, mais peu après il fut révoqué pour ne pas avoir obtempéré à un arrêté du district concernant les réquisitions. Son successeur fut le citoyen Fournier.
Après Thermidor, Demouy se présenta devant la municipalité de Bienville, afin de rétracter formellement « la démarche forcée qu’il avait faite sous la Terreur en remettant ses lettres de prêtrise et en renonçant aux fonctions du sacerdoce dont il est disposé à reprendre l’exercice en qualité de prêtre catholique ».
Le Conseil général de la commune se rétracta également et déclara vouloir reprendre l’exercice du culte catholique. Le curé Demouy célébra de nouveau la messe dans l’église de la paroisse.
Peu après, le citoyen Demouy, redevenu curé, redevint également maire de Bienville, puis juge de paix du canton de Coudun.
Un cultivateur de la commune, le citoyen Moroy, ayant sévèrement jugé ses palinodies, fut appelé devant la justice de paix et dut rétracter ses paroles.

Depuis la Révolution, Bienville n’eut plus d’histoire. Signalons, cependant, l’apparition dans cette commune, de la première machine à battre du canton de Compiègne, que l’on vit vers 1845, chez M. Delahave, agriculteur.


Certains ouvrages, nous dit Graves, indiquent comme seigneur de Bienville près Compiègne, ce qui veut dire sans doute possesseur d’un fief sur le territoire, Charles Barthélemy, écrivain estimé du cardinal de Richelieu qui lui fit obtenir le brevet d’historiographe de France. Il a publié sous le titre de : Vérités françaises opposées aux calomnies espagnoles, un livre relatif aux affaires du temps. Il mourut à Paris en 1641, étant pensionné du chancelier Séguier qui hérita de ses manuscrits.

FIN

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