Si vous avez lu mon précédent article consacré à l’autosatisfaction affichée par l’équipe municipale, vous aurez sans doute relevé leur affirmation selon laquelle la situation financière serait aujourd’hui meilleure qu’en 2014. Une affirmation que je conteste formellement. Ils ont d’ailleurs pris soin de préciser « en fin de deuxième mandat », ce qui laisse entendre qu’il en aurait été autrement à la fin du premier mandat conduit par Claude Dupront. Examinons donc les faits..
En consultant la page « Finances » du site de la commune, vous trouverez l’ensemble des résultats budgétaires depuis 2014, accompagnés de graphiques censés éclairer leur évolution. Malheureusement, la présentation choisie — graphiques en empilement, barres avec des axes mal calibrés — ne permet pas une lecture rigoureuse et objective de l’évolution des recettes et des dépenses. Ce type d’approximation dans la communication financière interroge sur les compétences de ceux qui pilotent la commune.
Concernant l’excédent annuel de fonctionnement, un point particulier mérite d’être précisé. En 2019, un déficit de 77 280 € est affiché. Or cette année-là correspond également au transfert du compte de l’eau à l’ARC, pour un montant total de 131 306 € (118 434 € en fonctionnement et 12 872 € en investissement). Si l’on isole cette opération, qui relève essentiellement d’un jeu d’écriture comptable lié au transfert de compétence, l’exercice 2019 présente en réalité un excédent de 46 379 €. Cette précision modifie sensiblement l’interprétation de l’évolution financière.
Par conséquent, en m’appuyant sur leurs propres chiffres, je vais vous exposer l’évolution réelle des recettes et des dépenses de fonctionnement et mettre en lumière les éléments que cette municipalité ne semble pas vouloir porter à la connaissance des habitants.
Sur la période 2014–2019, l’excédent moyen de fonctionnement s’établissait autour de 31 937 €, avec il faut le noter un remboursement d’emprunt de 9 217 € en 2014 et 2015, puis cet excédent a chuté à seulement 3 220 € en moyenne de 2020 à 2024 ( 4 860 € si l’on exclut l’année exceptionnelle du covid).
En 2020, année Covid, il est compréhensible que certaines recettes aient diminué, notamment en raison de la fermeture temporaire de la salle multifonctions et de la baisse d’activité de la cantine. On aurait toutefois pu s’attendre à une diminution parallèle de certaines dépenses, en particulier celles liées à la restauration scolaire. Or les comptes font apparaître une hausse des dépenses de 27 076 € en 2020 (+12 %). Par la suite, la moyenne des dépenses entre 2021 et 2024 s’élève à 269818 €, contre 230165€ de 2016 à 2019 ce qui interroge sur la dynamique budgétaire engagée.
Dès lors, la question que chacun se pose est évidente : où est passé l’argent ?
Je détaillerai dans mes prochains articles la manière dont cette équipe municipale a engagé les finances communales, souvent sans réelle maîtrise ni vision à long terme.
En conclusion, les chiffres montrent que la situation en fin de premier mandat était solide, et objectivement plus favorable qu’en fin de second mandat. Certes, en fin de premier mandat, certains indicateurs pouvaient encore donner l’illusion d’un équilibre, mais un arbre peut cacher une forêt. Les difficultés actuelles n’ont rien d’imprévisible : elles sont la conséquence de choix budgétaires discutables et d’un manque d’écoute des recommandations et critiques formulées par certains conseillers municipaux et habitants du village.
À suivre…..











